Insuffisance cardiaque et rénale : quoi manger pour protéger son cœur et ses reins ?

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Insuffisance cardiaque et rénale : quoi manger pour protéger son cœur et ses reins ? © Shutterstock

En cas d’insuffisance cardiaque ou de maladie rénale chronique, la consommation de sel doit être revue car l’excès de sodium peut aggraver ces maladies. D’autres ajustements sont nécessaires, on fait le point avec les conseils de Stanislas Trolonge, diététicien-nutritionniste.

L’insuffisance cardiaque et la maladie rénale chronique sont des maladies dont la prise en charge repose sur des traitements médicamenteux mais aussi sur des mesures hygiéno-diététiques. Parmi elles, l’alimentation occupe une place importante. Voici les aliments à privilégier et ceux à éviter pour prendre soin de votre cœur et de vos reins.

Quelle alimentation en cas d’insuffisance cardiaque ?

L’insuffisance cardiaque demande des ajustements alimentaires pour limiter la survenue du risque principal appelé la décompensation cardiaque. Cette complication peut se manifester de façon aiguë et grave par un œdème aigu du poumon (OAP) ou plus progressivement par des œdèmes diffus avec une prise de poids de plusieurs kilos en quelques jours.

Le sel, un facteur d’aggravation de la maladie

Une alimentation riche en sel peut aggraver l’insuffisance cardiaque et augmenter le risque de décompensation, une complication qui survient quand l’organisme ne parvient plus à pallier le fonctionnement défaillant du cœur¹. « Le sel favorise la rétention d’eau car il l’absorbe comme le ferait une éponge. D’autant plus si les reins fonctionnent mal », explique Stanislas Trolonge. Si vous consommez trop de sel, le corps se charge en eau, pouvant entraîner un gonflement des jambes, de l’abdomen, mais aussi des poumons¹.

Pour limiter la survenue de ces complications, votre consommation de sel ne doit pas dépasser 5 grammes par jour.

Comment limiter votre consommation de sel au quotidien ?

Il est possible de limiter votre consommation de sel au quotidien grâce à des gestes simples :

  • Évitez de resaler les aliments dans votre assiette s’ils ont déjà été salés lors de la préparation¹.
  • Limitez, voire supprimez, le sel dans l’eau de cuisson¹.
  • Cuisinez le plus possible avec des produits frais ou congelés non préparés¹.
  • Agrémentez vos plats d’herbes aromatiques, d’épices, de jus de citron, d’oignon… Ces ingrédients rehaussent le goût des aliments¹.
  • Apprenez à reconnaître les aliments riches en sel, de façon à les éviter autant que possible (charcuteries, fromages, pâtisseries, plats
  • préparés industriels, fast-food…)¹. « Dans ces préparations, le sel est utilisé comme conservateur et exhausteur de goût », signale le diététicien.
  • Évitez de prendre des médicaments effervescents en automédication car ils contiennent beaucoup de sel¹.
  • Lisez les étiquettes des produits avant de les acheter pour vérifier la quantité de sel (aussi appelé « chlorure de sodium » ou « sodium »). Un gramme de sodium équivaut à 2,5 g de sel¹.
  • Ne cumulez pas plusieurs aliments riches en sel chaque jour, et faites la part belle aux crudités, légumes et fruits frais. « En remplacement d’une portion de pâté de campagne, préférez une crudité de votre choix assaisonnée d’une vinaigrette sans sel, au citron et avec de l’huile de colza ou de noix. En fin de repas, terminez par une belle salade de fruits à la menthe au lieu d’une seconde portion journalière de fromage », propose Stanislas Trolonge.
  • Rincez les conserves de légumes pour enlever le sel qu’elles contiennent.
  • Choisissez une eau minérale pauvre en sodium (les eaux gazeuses sont souvent plus salées)¹.

Les autres bonnes habitudes pour réduire votre risque cardiovasculaire²

La réduction du sel n’est pas la seule bonne habitude à prendre pour protéger votre cœur. Vous pouvez réduire le risque de développer une maladie ou un accident cardiovasculaire tout simplement en adoptant autant que possible un régime alimentaire équilibré. Mangez régulièrement du poisson, des fruits et légumes et privilégiez les huiles végétales (olive, noix, colza). Limitez votre consommation de viandes rouges et de charcuteries (riches en graisses saturées) et préférez les viandes blanches.

L’excès de sucre étant un facteur de risque cardiovasculaire, consommez à titre occasionnel des produits contenant des sucres ajoutés (plats préparés, viennoiseries, gâteaux, jus de fruits…). Même chose pour les produits ultra-transformés (pizzas industrielles, cordons bleus, sodas…), qui sont souvent trop sucrés, trop gras et trop salés. Essayez autant que possible de préparer vous-mêmes vos plats avec des produits bruts.

Enfin, consommez de l’alcool avec modération. Pas plus de 10 verres d’alcool standard par semaine sans dépasser 2 verres par jour (avec des jours sans alcool dans la semaine).

Quelle alimentation en cas de maladie rénale chronique ?

Dans la maladie rénale chronique, les reins éliminent moins bien les déchets du sang³. Pour éviter que des déchets alimentaires ne s’accumulent dans l’organisme, il est recommandé de privilégier certains aliments et d’en éviter d’autres.

Limiter le sel

En cas de maladie rénale chronique, les recommandations pour les apports en sel sont les mêmes que pour l’insuffisance cardiaque : ne pas dépasser 5 g de sel par jour. Pour rappel, l’excès de sel favorise l’hypertension, une maladie qui fragilise les reins.

Attention aux aliments acidifiants

Quand les reins ne fonctionnent pas bien, il y a également un risque d’acidose car les acides issus de l’alimentation sont moins bien éliminés. De ce fait, il est conseillé de limiter votre consommation d’aliments acidifiants (viande, fromages, œufs…) et de vous tourner plutôt vers les aliments alcalinisants comme les fruits et légumes³.

Doser ses apports en protéines en fonction du stade de la maladie

Vos apports en protéines* sont aussi à revoir si on vous a diagnostiqué une maladie rénale chronique. Les protéines sont transformées en urée par l’organisme. Cette urée a tendance à s’accumuler dans le sang quand les reins fonctionnent mal³. « En réduisant votre consommation de protéines, vous limitez le travail du rein dans l’épuration des toxines de la digestion des protéines des viandes, poissons et œufs ; les aliments qui en contiennent le plus », indique le diététicien-nutritionniste.
*Aux stades précoces de la maladie rénale, limitez vos apports en protéines à moins de 1 g/kg/j. À partir du stade 3, les objectifs sont plus stricts : restreints entre 0,6 et 0,8 g/kg/j

Le phosphore et le potassium, des minéraux potentiellement dangereux³

Quand les reins fonctionnent moins bien, ils ne filtrent plus correctement l’excès de phosphore dans le sang. Ce qui peut être dangereux pour les poumons, les yeux et le cœur. D’où la nécessité de limiter votre consommation d’aliments riches en phosphore tels que les abats, les sardines, les légumes secs ou encore les fromages.

Autre minéral dont la consommation doit être limitée avec une maladie rénale chronique : le potassium. Son taux peut augmenter quand les reins ne fonctionnent pas de manière optimale. Or, un excès de potassium dans le sang est dangereux pour le cœur. Évitez les fruits qui en contiennent beaucoup : pêches, prunes, pruneaux, abricots, mangues, banane, kiwi… On en trouve aussi dans les haricots rouges et blancs, l’avocat, les pommes de terre et la patate douce.

Quelle consommation de liquides en cas d’insuffisance rénale et cardiaque ?

Les apports en liquide (eau, thé, café, lait, soupe…) ne doivent pas dépasser 1 à 2 litres par jour chez les personnes atteintes d’insuffisance cardiaque. Ce chiffre peut être revu à la baisse en cas d’aggravation de la maladie (présence d’œdèmes, essoufflement).¹

L’insuffisance rénale provoque une augmentation de la pression artérielle. Les apports de liquide peuvent aggraver l’hypertension. C’est pourquoi il est recommandé de bien s’hydrater, mais pas trop non plus pour éviter les œdèmes (à cause de la rétention d’eau), soit 1,5 à 2 litres d’eau par jour.⁴

L’alcool est aussi nocif pour le cœur que pour les reins. Buvez avec modération.

À retenir
• Une alimentation riche en sel peut aggraver l’insuffisance cardiaque et l’insuffisance rénale chronique.

• Il existe des astuces simples pour réduire sa consommation de sel au quotidien.

• Une alimentation riche en protéines peut être dangereuse pour les reins en cas d’insuffisance rénale.

• Dans les deux maladies, il est recommandé de bien s’hydrater, mais pas trop non plus pour éviter les œdèmes.

FAQ

Quel aliment éviter en cas d’insuffisance cardiaque ?

Le principal ingrédient à limiter en cas d’insuffisance cardiaque est le sel car il favorise la rétention d’eau, mauvaise pour le cœur.

Quels sont les aliments à éviter en cas d’insuffisance rénale ?

Dans l’insuffisance rénale, il est recommandé de limiter son apport en sel et de contrôler ses apports en protéines.

Quels sont les aliments qui sont bons pour le cœur ?

Il est possible de réduire votre risque cardiovasculaire en adoptant autant que possible un régime alimentaire équilibré (beaucoup de végétaux et peu de graisses saturées).

Sources

  1. Ameli.fr, Traitement de l’insuffisance cardiaque, 28/01/2026 https://www.ameli.fr/llle-et-vilaine/assure/sante/themes/insuffisance-cardiaque/traitement
  2. Ameli.fr, Comment réduire son risque cardiovasculaire ? 13/03/2025 https://www.ameli.fr/llle-et-vilaine/assure/sante/themes/risque-cardiovasculaire/reduire-risque-cardiovasculaire 
  3. Fondation du Rein. Diététique et insuffisance rénale https://fondation-du-rein.org/dietetique-et-insuffisance-renale/
  4. Hôpitaux Universitaires Genève. Comment adapter votre alimentation en cas d’insuffisance rénale ? https://www.hug.ch/nephrologie-hypertension/comment-adapter-votre-alimentation-cas-insuffisance-renale

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