Le pré-diabète est une phase qui précède l’apparition du diabète de type 2. Il se caractérise par un dérèglement du taux de sucre dans le sang qui ne provoque aucun symptôme. Contrairement au diabète, il est réversible. Voici comment revenir à une glycémie normale et éviter qu’un diabète de type 2 ne s’installe.
Le pré-diabète se situe entre la normalité et le diabète de type 2. Une personne est en pré-diabète quand elle présente une anomalie du taux de sucre dans le sang (glycémie). Cela ne provoque aucun symptôme et peut durer plusieurs années. Mais si rien n’est fait pour ramener le taux de sucre à jeun à la normale, plus de la moitié des personnes qui ont un pré-diabète deviendront diabétiques1.
À partir de quel taux de glycémie parle-t-on de pré-diabète ?2
Pour comprendre le pré-diabète, il faut rappeler le taux normal de la glycémie à jeun et après les repas chez une personne non diabétique et chez une personne diabétique. Chez une personne non diabétique, la glycémie à jeun est normalement située entre 0,80 gramme par litre (g/l) et 1,10 g/l. Après les repas, il est normal que la glycémie s’élève, mais elle ne dépasse pas 1,40 g/l. On considère qu’une personne est atteinte de diabète de type 2 si sa glycémie à jeun est mesurée à deux reprises à plus de 1,26 g/l ou si elle excède 2 g/l à n’importe quel moment de la journée. « Lorsque la glycémie dépasse 1,80 g/l, du sucre peut être retrouvé dans les urines », indique le Pr Bernard Bauduceau, diabétologue. Le pré-diabète correspond à une glycémie supérieure à la normale, mais insuffisante pour diagnostiquer un diabète de type 2, soit entre 1,10 g/l et 1,25 g/l.
Il existe deux types de prédiabète.
Deux types de pré-diabète doivent être distingués :
- Lorsque la glycémie à jeun se situe entre 1,10 g/l et 1,25 g/l, il s’agit d’un pré-diabète appelé « hyperglycémie à jeun altérée ».
- Un autre type de pré-diabète dénommé « intolérance au glucose » ne recouvre pas parfaitement le précédent. Son diagnostic repose sur la réalisation d’une hyperglycémie provoquée par voie orale qui consiste en la prise par la bouche de 75 grammes de glucose et à doser la glycémie 2 heures plus tard. L’intolérance au glucose est définie lorsque cette glycémie se situe entre 1,40 g/l et 2 g/l. Cet examen est de moins en moins pratiqué en dehors du dépistage du diabète gestationnel au cours de la grossesse. Les normes sont alors différentes pour ce diagnostic.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) privilégie aujourd’hui le terme « d’hyperglycémie intermédiaire » au terme « pré-diabète » car elle considère qu’il s’agit d’un état plutôt que d’une maladie. L’hyperglycémie intermédiaire englobe l’hyperglycémie à jeun altérée et l’intolérance au glucose.3 Selon la Fédération Internationale du Diabète, plus d’un milliard d’adultes (âgés de 20 à 79 ans) dans le monde présenterait un pré-diabète : 635 millions souffriraient d’une intolérance au glucose et 488 millions d’une hyperglycémie modérée à jeun.3
Quelles sont les causes du pré-diabète ?
L’apparition d’un pré-diabète est liée à une résistance progressive du foie et des organes à l’action de l’insuline, hormone produite par le pancréas et dont le rôle est de faire baisser la glycémie dans le sang et de faire pénétrer le sucre (glucose) dans les cellules. Cette résistance est appelée « intolérance au glucose ». Pour compenser cette résistance, le pancréas redouble d’efforts pour continuer de produire de l’insuline et ainsi permettre la survie des cellules du corps. Mais avec le temps, il s’épuise. Résultat, ses cellules sécrètent de moins en moins d’insuline et le diabète de type 2 s’installe.4
Quels sont les facteurs de risque du pré-diabète ?
Une combinaison de facteurs génétiques, biologiques et liés au mode de vie favorise l’apparition d’un pré-diabète. Des antécédents familiaux de diabète augmentent le risque de développer une hyperglycémie à jeun ou une intolérance au glucose, mais heureusement les gènes seuls ne déterminent pas ce risque. Le mode de vie joue également un rôle déterminant dans le développement du pré-diabète et du diabète. Une alimentation riche en aliments transformés, en sucres rapides et en boissons sucrées, associée à un manque d’activité physique (sédentarité), participent à l’augmentation de la glycémie.5 L’hypertension et un taux élevé de « mauvais cholestérol » (cholestérol LDL) sont aussi des facteurs de risque de pré-diabète. Enfin, l’âge, le sexe et le poids sont des facteurs à prendre en compte. Les personnes âgées sont plus susceptibles de développer un pré-diabète, les hommes sont légèrement plus touchés en nombre que les femmes et le surpoids favorise la résistance à l’insuline (bien que le diabète puisse toucher les personnes de toutes corpulences).6
Comment détecter un pré-diabète ?
Comme le diabète, le dépistage d’un pré-diabète nécessite la réalisation du dosage de la glycémie. Cette prise de sang est indiquée, même en l’absence de tout symptôme, chez les personnes :
- âgées de plus de 40 ans ;
- en surpoids ;
- présentant une hypertension artérielle ou une élévation du cholestérol ;
- ayant des antécédents familiaux de diabète de type 2 ;
- ayant accouché d’un gros bébé lors d’une grossesse antérieure.
Le pré-diabète, une condition réversible
Contrairement au diabète, le pré-diabète est un état réversible. Le traitement repose sur la mise en place de mesures hygiéno-diététiques, à savoir l’adoption d’un régime alimentaire sain et équilibré, la pratique régulière d’une activité physique et la perte de poids pour les personnes en surpoids. Un contrôle annuel de la glycémie est nécessaire pour surveiller l’évolution du pré-diabète.6
Pourquoi faut-il prendre au sérieux un pré-diabète ?
La présence d’un pré-diabète augmente le risque de développer un diabète de type 2. Les personnes en situation de pré-diabète sont aussi plus exposées aux risques de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral par rapport aux personnes qui ont une glycémie normale. Ces risques dépendent notamment de l’âge et de l’indice de masse corporelle des patients. Un dépistage précoce est donc important pour parvenir à ralentir, voire inverser l’évolution de la maladie, et limiter ainsi ces risques majeurs pour la santé.3
FAQ
Quels sont les signes d’un pré-diabète ?
Quelle est la différence entre le diabète et le pré-diabète ?
Comment sortir du pré-diabète ?
Sources
- Association du Diabète. Le prédiabète https://www.diabete.be/le-diabete-2/prediabete-12
- Haute Autorité de Santé (HAS). Actualisation de la recommandation HAS sur le dépistage du diabète de type-2 (DT2) : critères d’entrée dans le dépistage. Janvier 2026 https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2026-01/dir3/note_cadrage_depistage_diabete_type_2_vf.pdf
- International Diabetes Federation. Prédiabète. https://idf.org/fr/about-diabetes/prediabetes/
- Fédération Française des Diabétiques. Le prédiabète https://www.federationdesdiabetiques.org/information/recherche-innovations-diabete/actualites/le-prediabete
- International Diabetes Federation. Intermediate hyperglycaemia, from warning to opportunity https://diabetesvoice.org/en/caring-for-diabetes/intermediate-hyperglycaemia-from-warning-to-opportunity/
- Ameli.fr, Symptômes et diagnostic du diabète, 30/07/2025 https://www.ameli.fr/llle-et-vilaine/assure/sante/themes/diabete-adulte/diabete-symptomes-evolution/diagnostic-diabete